7. juin, 2015

Les enfants d'abord!

Par O. LY

Commencer par le commencement, c'est alors investir sinon s'investir au service de la jeunesse, principalement  du côté des enfants. Eviter surtout de mettre la charrue avant les bœufs, se défendre à tout prix de sacrifier le fondement de la bâtisse au profit de sa splendeur superficielle. Investir en l'enfant, c'est marcher sur terre ferme pour atteindre les cimes de la performance, la voie du développement durable.

Il nous faut donc, au nom de ce principe, donner à l'enfant sa place, et toute sa place si nous voulons œuvrer pour un avenir stable.

Qu'est-ce à dire alors ? Donner à l'enfant sa place !

Oui lui donner sa place, et toute sa place alors !

C'est simplement s'opposer à toutes formes d' « infanticide ». Pas seulement celles qui mettent fin à l'existence physique de l'enfant, forme la plus banale, et certainement la plus cruelle et la plus odieuse. Mais nous voudrions nommer ici toutes ces formes basiques, souvent inaperçues mais autant cruelles pour « l’à-venir » de l’enfant !

Notre vrai combat, et nous insistons là-dessus, c’est nous opposer énergiquement à tout escamotage ou négligence vis à vis de cette étape incontournable: l'enfance. Sinon, nous commettrons ou nous assisterons coupables, à l'une de pires formes d'infanticide: la "non enfance" qui serait un drame pour l'humanité. "Devenir homme très tôt c'est devenir un petit homme" a dit le penseur.

Voilà d'ailleurs le problème: "il est quasi impossible aux jeunes, notamment les enfants d'être sérieux", se plaignent souvent les adultes faisant allusion à leurs infinies escapades ludiques, à leur insouciance permanente, bref à leur joie de vivre quasi inconsciente. C’est que l’enfant, contrairement à l’adulte, regarde le monde avec désintérêt, « sans amertume » comme dirait Paulo Coelho. Si pour l’enfant le monde en face est un spectacle vivant où il apprend énormément, en étant lui-même acteur, chez l’adulte ce monde est plutôt obstacle à franchir avec des certitudes déjà établies.

A vrai dire, les insouciants ce sont plutôt ces adultes qui refusent de s'arrêter un tant soit peu pour une analyse approfondie de ce film déjà vécu. Ils ont vite oublié le plaisir immense que leur procurait jadis cette liberté de parcourir des espaces infinis en plein air et à toutes saisons, de s'éclater sans limites avec les pairs indépendamment des notions de temps et de lieux. Et c'est là toute la beauté de l'enfance: une école gratuite pour apprendre la vie sans licence, donc sans "complexe". C'est d'ailleurs les raisons de notre propos à dire: les enfants d'abord ! En réalité quiconque rate cette étape, ou en tout cas la négocie mal, passe inéluctablement à côté du train de socialisation qui doit mener à l'homme qu'il sera demain.

Si comme le dit Voltaire éduquer c'est restituer à l'enfant son humanité, nous ajouterons volontiers que c'est aussi instituer en lui la pérennité de l'homme, pour ne pas dire de l'histoire humaine.

Attention alors Messieurs les adultes ! « Jouer et se plaire » ! Ah, ...! Rien de plus sérieux chez l'enfant.

Et d'ailleurs nous devons les prendre au sérieux, suivant les lois de la nature (biologie, physiologie, psychologie, etc. ...); d'autant plus que le jeu a un rôle fonctionnel dans le développement physiologique et psycho affectif de l'enfant. Il lui permet entre autre, de confirmer et d'améliorer son développement psychomoteur, d'élargir et d'enrichir son espace d'évolution, mais aussi et surtout de prendre confiance en lui, grâce à l'action plurielle. En définitive, sans avoir assez bien cerné notre sujet, rappelons seulement avec Wallon, que toute la nature de l'enfant c'est de jouer. Moralités : impossible d'imaginer un enfant sans le jeu.

Pensons alors à doter nos enfants de beaucoup de jouets, laissons les vivre pleinement leur enfance en toute réjouissance. Mais évitons surtout le superflu et l'artificiel qui nuisent souvent à l'épanouissement psycho affectif de l'enfant.

Notre enfant a besoin d’apprendre librement de la vie, car comme le rappelle Maurice DEBESSE : « On oublie vite ce qu’on a appris, mais on n’oublie guère ce qu’on a trouvé. Apprendre consiste à faire ses propres expériences. »

Et le sociologue et professeur d’EPS français Jean Marie Brohm de renchérir : « La première idée, sur laquelle on n’insistera jamais assez, est que l’éducation est un projet collectif où l’enfant doit pouvoir insérer le sien propre, sinon on sombre dans une pédagogie de la conformité et de l’adaptation, dans une pédagogie du clonage ou de la reproduction.

… Chacun le sait ou devrait le savoir, une éducation digne de ce nom ne saurait être une simple transmission d’un ordre constitué, mais réalisation d’une liberté. ».

En définitive, libérons l’enfance pour construire l’homme et sauver le monde !

La société de demain, c'est maintenant ou jamais!

 Par Oumar LY